Spleen Screen 3

Publié le par Ignatus

Plus fort qu’un YAB, « Spleen Screen » lance avec « Silent Running » un message écolo alarmiste dans son épisode 2 ; mais contrairement au prophète en hélico, rien - ou presque - que d'un intérêt esthétique et non pour d'autres bien évidents (dans l'espace,  pas des sigles distribués par un groupe d'entreprises industrielles terriennes mais un robot-jardinier dans une forêt sous bulle qui scondera les espaces jusqu'à la fin des temps (selon ses accus). Aujourd’hui, la balade cosmique fait halte au bord d’un trou noir :

 

Spleen Screen 70/80

 

 

Episode 3 - Expérience totale pour les juniors

 

 

 

 

En 1978, Garry Nelson réalise « The Black Hole » (« Le Trou Noir » français, non celui d'ex-URSS trop vulgaire, et qui a été remplacé ), produit par Walt Disney ; un space opéra maladroit mais non dénué de sensibleries amusantes ; un cinéma familiale pas toujours bourgeois mais descendu par la critrique des indépendants et autres puristes.

Le Palamino, vaisseau spatial en mission de reconnaissance, perçoit un message d’alerte. L’équipage composé d’Anthony Perkins (« Psychose »,  « Le Procès »), Robert Forster (« Psycho », « Jacky Brown », « Mulholland Drive »), Ernest Borgnine (« Supercopter »), Joseph Bottoms (de nombreux soap), Yvette Mimieux (la partouseuse de l’équipage), et du robot philosophe VINCENT, découvre alors, je vous le donne, un trou noir ! Après analyse, nos amis étonnés repèrent un vaisseau disparu depuis 20 ans, juste à côté du-dit trou : le Sygnus ! Kate (pas de chance, pas un poil sensuelle) est toute retournée : c’est avec et dans ce vaisseau qu’a disparu son père ! On la sent toute persue et on manœuvre (un peu plus et on passait dans le trou, Kate pompe Ernest Borgnine) et accoste le merveilleux Sygnus aux allures de cathédrale. Wouaouw. Une fois à l’intérieur, et sous la menace de gardes du corps robotisés et fantomatiques, l’équipage est conduit devant l’étonnant Dr Reinhart (Maximilian Schell) à la pensée et aux méthodes rigoureuses, assisté par son épouvantable mais non moins étonnant pantin mécanique un brun farouche : Maximilien (voir ci-dessus). 

 

 

 

Tous les éléments sont là. Nos pensées, déjà, se sont perdues dans des références cinématographiques évidentes : rayons lasers et autres de « Star Wars »  et les avatars ; « Vingt Mille Lieues Sous Les Mers » (des mêmes studios Disney) ; pour le Cygnus rapport au Nautilus ; et le style  « 2001, L’Odyssée De L’Espace » en toile fond. C’est cette richesse et naïveté d’images référencées qui donnent alors du plaisir (pour ma part). Le style Disney est évident et incorpore tous ces éléments de la S.F. intergalactique. Et c’est avec curiosité et la question « Avec tout ça, que Nelson a-t-il pondu? » qu’il faut appréhender le film. Parcimonieusement bancale (et tant mieux), gnan-gnan (s’adresse-t-on aux enfants ?), donc ridicule (certaine répliques sont déconcertantes(*) )  .    ..

 


Certaines images sont très belles ; je pense au tunnel (ici octogonal) qui relie les deux vaisseaux et qui fait Kubrick, aux effets spéciaux innovants (conçus sur ordinateur !) de l’époque, et bien entendu au superbe Cygnus (le premier trou noir a été découvert dans la constellation du Cygne - je vois ici) qui justifie à lui seul le visionnage du film.

Je ne vais pas révéler la fin mais juste préciser qu’outre son manichéisme, et contrairement à beaucoup d’avis, j’ai ressenti quelque chose d’assez juste et angoissant, sensation claustrophobique d’un enfer personnalisé dans cette relation (qui apparaît dès le début) ambiguë : Reinhart/Maximilien !


 

Maintenant, pour en revenir, un petit montage (de ce film avec « Creature » et « La Doctoresse A Des Gros Seins ») à écouter ici.

M.M.

(*) : La version française est conseillé pour l’accent allemand de Reinhart.

 

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