Spleen Screen 2

Publié le par Ignatus

Nous avons découpé le cauchemar et traversé la mort lors de notre dernière rencontre, et je vous propose maintenant pour les deux prochains épisodes de notre rubrique, une petite balade cosmique dans l’espace intersidéral des 70’s et 80’s, en compagnie d’une humanité en bordure d’ « ailleurs » et encline à tout accomplissement total. Voici notre nouvelle séance eschatologique :

 

Spleen Screen 70/80


 


 

Episode 2 - Une course silencieuse

 


 

 


 

  En 1971/72 (selon les sources) Douglas Trumbull, signe son premier film en tant que réalisateur. Nous connaissons ce nom, sans doute nous rappellerons-nous l’avoir lu dans le générique de certains films de science-fiction comme « Rencontre du troisième type », ou « Blade Runner », mais au rayon « effets spéciaux » ; débutant dans le métier par "2001, a space odyssey" trois ou quatre ans plus tôt le film qui nous intéresse pour cet article (il y utilisera des techniques développées pour le film de Kubrik, mais non utilisées), Doug travaille sur le "Mystère Andromède" de Robert Wise (moi, je ne le connais pas, en avez-vous entendu parler ?), juste avant notre « Silent Running » du jour !

 

  Totalement spatial (tout se passe dans, sur, autour du vaisseau spatial naturophore), le décors est irréprochable. Dedans, ça sent le Kubrik et les années soixante-dix de la pellicule. Dehors, nous voyons se dessiner ce qui atteindra le point d’orgue avec le fabuleux voyage de l’Entreprise dans « Star trek : the movie » (des effets spéciaux à contempler). Déjà, ici, une promenade galactique. Ici, le silence court et le destin des arbres et des fleurs court en silence.

 

  Nous avons embarqué avec Huewy, Duewy et Freeman, à bord du Valley Forge pour partager un petit espoir tellement contemporain (et récupérer malicieusement par certains partis politiques).

Huewy, Duewy, et le troisième bien vite hors d’usage (Treewy ?), sont de drôles de drônes que l’on prend vite - avec Freeman - en sympathie, et qu'on rêverait d'avoir pour amis. Lowell Freeman est notre cosmonaute-jardinier ; il est interprété par Bruce Dern, papa de la petite Laura du même nom, future égérie de Lynch et femme somme toute attirante. Le Valley Forge est un vaisseau transporteur où l’on cultive des forêts, ressources ultimes à une planète Terre où la végétation à apparemment presque totalement disparue (à noter que l’on a garder le nom de l'avion de transport de troupes dans lequel ont été tournées les scènes intérieures). Et puis il y a les autres astronautes de l’équipe, on joue, on se taquine. Maintenant, le drame peut commencer.

Un message de la Terre ordonne la destruction de son patrimoine que transporte notre équipe, et de rentrer au bercail … Freeman ne s’y accorde pas … vous n’en saurez pas plus (visionnez donc !)

 

 

  Il y a le grain, le temps, les écarts que l'on trouve dans ce genre et dans cette période du cinéma. Et tout le côté "un peu faux" ou "pas à fond pro" sert plus que ne dessert le film. C'est un joli petit poème "à message", comme à cette période un "soleil vert" ou une "planète des singes" ; à référencer également le "Phase IV" de Saul Bass, tout aussi poétique et touchant que ce "Silent running" – puisque cela semble être une donnée impérative pour le thème "spleen screen".

Peu importe les pseudo incohérences (et oui Lowell, grand botaniste de l’espace, les plantes ça a besoin de lumière !) ou le léger semi-gnangnan flower-power, qui, du reste, contribue à la tonalité (et nous avons droit, au demeurant, à de très belles chansons interprétées par Joan Baez), reste que la magie perdure (notre coeur d'enfant) lorsqu'après quelqu'une heure trente de voyage, la distribution s'affiche sous la dernière bouteille à la mer.

 

 

(Donnons-nous rendez-vous sur le Sygnus très bientôt !)

 

M.M.

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