REC, CLOVERFIELD, CANNIBAL HOLOCAUST, LE PROJET BLAIRWITCH

Publié le par Ignatus

Le point commun va de soit, la même formule marketing et le même pretexte à faire un film:

L'illusion de la réalité par le biais d'un document retrouvé et témoignant qu'un évenement hors du commun s'est bel et bien passé.




Cannibal Holocaust (1980) est le premier film à avoir utilisé cette tactique pour faire parler
de lui sans avoir besoin de faire une publicité énorme et coûteuse.  



L'idée était de faire courir le bruit qu'un film documentaire avait été retrouvé montrant qu'il y a encore des tribus cannibales.
Coup de maître du réalisateur Ruggero Deodato pour son film. Celui ci marchera très bien, faisant de ce film quasi une légende urbaine tant qu'on ne l'avait vu.


     
Blairwitch Project fit à peu près le même coup médiatique en diffusant sur le web la rumeur selon laquelle un document retrouvé retraçait le periple de jeunes en forêt qui n'en sont jamais revenus. Publicité quasi gratos pour un film qui n'a rien rien coûté et a remporté un vif succès critique et financier.
    

REC et Cloverfield, même combat que les deux sus cités.

Cloverfield retrace le périple d'un groupe de jeunes pendant l'attaque de New York (relative évidement au 11 septembre 2001) et REC suit une équipe de tournage d'émission autour de la vie des pompiers, et en particulier, le sauvetage d'une vieille dame dans un immeuble, le sauvetage tournant à la catastrophe.


Le point commun de ces films est d'attiser notre curiosité malsaine ou non (là n'est pas la question) avec des sujets forts en sensations et de singer la réalité au plus près.

Les cannibales, le paranormal, l'attaque du pays inattaquable, la mise en quarantaine d'une partie de la population par les équipes sanitaire de l'Etat...

Nous savons tous que la réalité dépasse toujours la fiction, hors ces films tendent à nous montrer que la fiction peut être plus forte en se rapprochant au plus près de la réalité. Rappelons nous des soupçons que contiennent la photo de Cappa "Mort d'un milicien pendant une attaque de Cerro Murioano". Cette photo n'est peut être pas ce que dit la légende et alimente encore la polémique sur les photographes de guerre.
Les snuffs movies que personne n'ont vus sont ils moins réels que la photo de Cappa ?

Question complexe, et je ne puis marcher sur les pas de Susan Sontag spécialiste en la matière.



Je parlerais de REC et Cloverfield tant tout à été dit sur les deux autres.

Les points forts de Cloverfield sont les effets spéciaux, à la sortie de la séance, j'étais pris d'une étrange sensation. Cette sensation que nous y étions, la technique peut être utilisée pour nous faire croire à n'importe quoi et nous n'y verrons plus que du feu, elle peut imiter des documents amateurs. En effet, même si la camera bouge dans tout les sens, les effets spéciaux suivent, on ne sent plus du tout l'image de synthèse. Là où pèche le film, c'est dans le choix et le jeu des acteurs plutôt mauvais, aux physiques trop beaux, aux réactions trop bêtes, où les demoiselles gardent leurs talons aiguilles jusqu'à la fin, où les protagonistes se permettent de faire de l'humour.

La fin du film est plutôt intéressante, et c'est une chose que je vois dans de nombreux films actuels. En cas de d'impossibilités de maîtrise du problème, les autorités décident de mettre en quarantaine la population et la détruisent mettant fin au problème (la même idée se retrouve dans "REC" mais aussi dans "28 semaines plus tard). Autrement dit, et comme aujourd'hui, on ne se fait que peu de soucis à détruire une partie de la population pour que l'autre survive, chose peut être nécessaire selon les cas.

Peut être une métaphore du capitalisme qui sous tend qu'il n'y a pas d'idéologie inscrite en elle mais juste une necessité. Le capitalisme en tend que génocide "doux", plus insidieux et malin? Ou tout simplement le spectre de la bombe sur le retour ?


Entendons nous bien, je ne critique pas le système capitaliste, j'éssaie de comprendre les messages sous jacent de ces films représentant l'angoisse de nos sociétés occidentales.


REC l'emporte sur Cloverfield non pour ce qu'il tend à "dire" mais sur  son éfficacité. En effet, le jeu des acteurs est tel que nous y croyons, la dictions par exemple semble être de l'improvisation, et les longs plans séquence aident à créer la "réalité". L'intelligence des protagonistes à faire telles ou telles actions va de soit à la grande différence de Cloverfield qui essaie d'implanter une histoire sentimentale bas de gamme pour renforcer la puissance dramatique du film.

Alors qu'il me semble évident que dans la réalité, la sexualité et le sentimentalisme n'ont que peu de place (voir d'ailleurs la terrifiante entrée en matière de "28 semaines plus tard" posant la culpabilité au premier rang de l'intrigue et nous obligeant à nous demander "qu'aurions nous fait à sa place ? Devient -on un salaud pour autant ?"). J'imagine que les cas de bravoures irraisonnés envers son prochain ou sa compagne sont plutôt épistolaires en particulier dans le marasme dans lequel se passe ce genre d'événements.

Cloverfield est américain (et très holwoodien), REC est espagnol et fauché.



Même si une tentative d'explication vaseuse autour de la religion est donné dans REC, on s'en serait passé largement et l'interêt du film n'est pas là. L'interêt y est vraiment au niveau des sensations extrêmement fortes que procure les situations avec une intensité très rares, mais aussi en traitant de manière frontale de la paranoia générale dans laquelle nous vivons, où notre voisin de palier se méfie de nous, et dont nous nous méfions à notre tour rejoignant le postulat de "The thing" de Carpenter "méfie toi de ton prochain" ou "L'invasion des profanateurs" (de Philip Kaufman - 1978) parlait de ceci, à la différence que la para noia était tourné vers les Russes plus particulièrement avec la guerre froide.


Allez voir REC !

Publié dans CINOCHE

Commenter cet article